08 Octobre 2020

Sauvons nos trois grandes îles

Télécharger le communiqué de presse de Sauvons nos trois grandes îles

 

En 2015, le comité exécutif de la Ville de Laval annonce son intention de s’engager « dans une entente tripartite avec le Gouvernement du Québec et la CMM pour l’acquisition, à participation équivalente de chaque partie, des trois grandes îles de l’archipel Saint-François, soit l’île Saint-Joseph, l’île aux Vaches et l’île Saint-Pierre et ce, afin d’agrandir la superficie protégée à des fins de conservation sur le territoire lavallois. » 629

En 2016, devant l’échéance de la mise en réserve, Sauvons nos trois grandes îles « réclame l’attribution d’une désignation d’aire protégée, de sorte que la protection et la conservation du patrimoine écologique des trois îles priment sur toute intention de développement touristique ou autre. » 630

En 2017, lors des consultations publiques sur la révision du Schéma d’aménagement et de développement, la municipalité reçoit huit mémoires de citoyens et d’organismes demandant que ces îles soient protégées. Celui déposé par l’ÉcoMuseum rappelle notamment la présence importante des couleuvres brunes et tachetées sur ces îles et l’importance des friches de ce territoire pour la conservation de ces reptiles. Ces friches font partie d’une mosaïque qui compte parmi les trois plus vastes friches d’intérêt pour la conservation à Laval. 631

Dans le Schéma d’aménagement et de développement publié en 2017, Laval réitère la valeur écologique que représentent les Trois grandes îles. On peut y lire qu’elle compte « poursuivre la collaboration avec le gouvernement du Québec et la CMM et participer financièrement, selon une contribution équivalente de chaque partie, à l’acquisition des Trois grandes îles en vue d’assurer leur mise en valeur à des fins de conservation. » 632 Le bois de l’île aux Vaches (16,6 ha) y est d’ailleurs inscrit comme un bois d’intérêt municipal 633 et une Zone d’aménagement écologique particulière (ZAEP) s’appliquera désormais à l’ensemble de l’archipel de 19 îles. 634 Cette section de la rivière représente une halte migratoire importante pour les oiseaux. On peut observer beaucoup de tortues, dont un site de ponte de la tortue géographique, ainsi qu’une importante population de couleuvres brunes. Dans l’EFE, « certains arbres ont plus de 100 ans », peut-on y lire. 635 De plus, « le canal, entre les îles aux Vaches et Saint-Pierre, fait partie de l’habitat floristique de la Rivière-des-Mille-Îles et abrite la colonie de lézardelles penchées la plus importante au Québec. » 636 Le SADR mentionne également l’habitat faunique (rat musqué) qu’on trouve sur l’île aux Vaches. 637

En 2017, la ville de Laval conclut une entente avec les propriétaires en vue d’acquérir l’île Saint-Pierre et la majeure partie de l’île aux Vaches (96 %). Cette entente est « conditionnelle à l’acceptation financière des partenaires de l’entente sur la Trame verte et bleue, soit le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). »638

En 2018, on apprend que l’entente tripartite entre Laval, le gouvernement du Québec et la CMM a échoué. Les 21 millions de dollars prévus à l’entente devaient servir à l’acquisition des trois îles. Or, Laval n’a pu s’entendre que pour l’acquisition de deux des trois îles avec ce montant.639 « Les représentants de la Ville et du gouvernement provincial se sont mutuellement reproché de ne pas respecter les termes de l’Entente. Il s’ensuivit naturellement un échec qu’aucun des deux n’endossera », peut-on lire dans un mémoire de Sauvons nos trois grandes îles. 640

À l’été 2019, une étude de caractérisation des sols est entreprise sur l’île Saint-Joseph par le propriétaire, M. Liberatore. Il prépare un projet qu’il entend déposer auprès de l’administration municipale. Rappelons que le zonage en vigueur autorise la construction résidentielle le long de la rue existante de l’île. Dans les journaux locaux, le propriétaire réclame qu’on lui fasse une offre raisonnable ou qu’on l’exproprie. De son côté, la Ville prétend que les demandes financières du promoteur sont démesurées. 641 En prévision de la campagne électorale fédérale de 2019, la ville de Laval demande à tous les partis politiques fédéraux de s’engager à contribuer financièrement à la conservation de ce territoire. En octobre, le Parti Libéral du Canada s’engage dans cette voie et promet d’utiliser le Fonds d’adaptation en matière de catastrophes naturelles pour aider Laval à protéger les Trois grandes îles. 642


Sources :

628 CMM. 2013. Cadre de référence administratif du Parc de la rivière des Mille-Îles. Trame verte et bleue du Grand Montréal, p.15.
629 LAVAL. 2017. SADR, p. 2-80.
630 SAINT-AMOUR, Stéphane. 2016, 4 avril. « Archipel Saint-François : le compte à rebours est commencé. » Dans Courrier Laval.
631 BOURGEOIS, P.-A. 2017. La conservation des friches sur le territoire de la Ville de Laval, p.20.
632 LAVAL. 2017. Ibid, p. 3-16. 633 Ibid, p.2-84
634 Ibid, p.2-97 et p. 8-74.
635 Ibid.
636 Ibid, p.8-75.
637 Ibid, p.2-92 à 2-94.
638 LAVAL. 2017, 20 septembre. « Sauvegarde de 2 grandes îles de Laval ». Communiqué.
639 SAINT-AMOUR, Stéphane. 2018, 22 juin. « L’acquisition des trois grandes îles avorte ». Dans Courrier Laval.
640 SAUVONS NOS TROIS GRANDES ÎLES DE LA RIVIÈRE DES MILLE ÎLES. 2019. Op. cit., p.4.
641 SAINT-AMOUR, Stéphane. 2019, 28 août. « Étude de caractérisation en cours sur l’île Saint-Joseph ». Dans Courrier Laval.
642 AGENCE QMI. 2019, 16 octobre. « Laval : les libéraux promettent de protéger trois grandes îles. » Dans TVA Nouvelles.